Tout le monde parle de SK Hynix, personne ne parle de chiffres...
Une chance que je suis là pour ramener les « influenceurs boursiers » sur le droit chemin. Une chose que j'ai remarquée cette semaine, c'est que dans mon fil d'actualité sur les réseaux sociaux, beaucoup de gens parlaient de SK Hynix. La seule chose que je n'ai pas entendue, c'est les chiffres de l'entreprise (un phénomène typique de ces « finfluenceurs »).
Ce que je vous propose, c'est d'utiliser notre modèle d'analyse pour mieux comprendre SK Hynix. J'espère qu'à la fin de cet exercice, vous serez en mesure de « challenger » les gens qui parlent de façon générale de SK Hynix (ou de n'importe quelle entreprise, pour être honnête haha).
Avant de plonger dans les chiffres, je veux juste rappeler le cadre opérationnel que j'utilise pour que nous soyons tous sur la même longueur d'onde.

Mon cadre est simple, en trois étapes.
1) Revenus et marge brute
La marge brute, c'est ce qu'il reste une fois que vous avez payé pour fabriquer ce que vous vendez. Pour SK Hynix, ça veut dire : après avoir payé les matériaux, la fabrication et la main-d'œuvre pour produire ses puces mémoire, combien reste-t-il? Et est-ce que ça s'améliore?
2) La VRAIE marge opérationnelle après impôts : EBIT(1-t)
Dans les médias financiers, on parle souvent d'EBITDA (ou BAIIA), mais cette mesure a un défaut important : elle ignore l'usure des actifs. Ces coûts sont bien réels à travers le temps. L'EBIT(1-t) en tient compte et c'est pourquoi je la préfère.
Plutôt que de rajouter artificiellement la dépréciation et l'amortissement dans les résultats comme le fait l'EBITDA, je préfère les mettre en contrebalance avec les nouveaux investissements. On voit ainsi ce que l'entreprise investit vraiment pour croître.
3) Le réinvestissement net
Ici, on va soustraire l'usure des actifs aux nouveaux investissements. On obtient ce que l'entreprise investit vraiment au-delà du simple maintien de ses capacités de production. C'est ce qu'on appelle les dépenses en capital nettes. On y ajoute par la suite les variations du fonds de roulement, l'argent qui est nécessaire pour faire tourner les opérations au quotidien.
Réinvestissement net = Dépenses en capital nettes + Variations du FDR
On va par la suite soustraire ce montant de nos bénéfices opérationnels après impôts de l'étape 2. Ça nous donnera les flux de trésorerie libre à l'entreprise (ou FCFF). Voyez les flux de trésorerie comme le cash qui reste après toutes les dépenses et tous les investissements nécessaires au maintien et à la croissance de l'entreprise. C'est l'argent dont dispose l'entreprise pour rémunérer ses actionnaires et rembourser sa dette, si elle en a.
C'est avec cette lunette qu'on va regarder SK Hynix — prêt?