La Lettre Financière

Je me mouille sur AeroVironment (AVAV) ⚡

Dans la première partie, nous avons regardé chacun des sous-segments d'AeroVironment pour bien comprendre les activités de l'entreprise. Si vous êtes un investisseur, c'est toujours une étape primordiale. Dans cette deuxième partie, nous allons utiliser notre modèle d'analyse opérationnelle pour bien comprendre la performance de l'entreprise. Nous développerons par la suite un modèle de valorisation pour répondre à l'ultime question :

AeroVironment devrait-elle se retrouver dans nos portefeuilles?


Avant de plonger dans les chiffres, rappelons le cadre opérationnel pour que tout le monde soit sur la même longueur d'onde.

Mon cadre est simple, en trois étapes.

1) Revenus et marge brute

La marge brute, c'est ce qu'il reste une fois que vous avez payé pour fabriquer ce que vous vendez. Pour AeroVironment, ça veut dire : après avoir payé les matériaux, les composantes et la main-d'œuvre pour construire ses drones et systèmes de défense, combien reste-t-il ? Et est-ce que ça s'améliore ?

2) La VRAIE marge opérationnelle après impôts : EBIT(1-t)

Dans les médias financiers, on parle souvent d'EBITDA (ou BAIIA), mais cette mesure a un défaut important : elle ignore l'usure des actifs. Pour une entreprise comme AeroVironment qui fabrique des drones, des missiles et des systèmes de défense complexes, les équipements et les installations se détériorent. Ces coûts sont bien réels. L'EBIT(1-t) en tient compte et c'est pourquoi je la préfère.

Plutôt que de rajouter artificiellement la dépréciation et l'amortissement dans les résultats comme le fait l'EBITDA, je préfère les mettre en contrebalance avec les nouveaux investissements. On voit ainsi ce que l'entreprise investit vraiment pour croître.

3) Le réinvestissement net

Imaginez qu'AeroVironment construit une nouvelle ligne de production pour fabriquer des Switchblade. C'est un investissement pour croître. Par contre, ses usines et équipements existants s'usent aussi chaque année, c'est la dépréciation des actifs. En soustrayant cette usure des nouveaux investissements, on obtient ce que l'entreprise investit vraiment au-delà du simple maintien de ses opérations. C'est ce qu'on appelle les dépenses en capital nettes. On y ajoute par la suite les variations du fonds de roulement, l'argent nécessaire pour faire tourner les opérations au quotidien, pour obtenir le réinvestissement net.

Ce montant, soustrait de l'EBIT(1-t), nous donne les flux de trésorerie libre à l'entreprise (ou FCFF). Voyez les FCFF comme le cash qui reste après toutes les dépenses et tous les investissements nécessaires au maintien et à la croissance. C'est l'argent dont dispose l'entreprise pour rémunérer ses actionnaires et rembourser sa dette, si elle en a.

C'est avec cette lunette qu'on va regarder AeroVironment — prêt?

La « Lettre Financière à Dargis » est une publication à vocation informative et éducative. Son contenu ne constitue pas un conseil en investissement, une recommandation personnalisée, ni une sollicitation d’achat ou de vente de quelque valeur mobilière que ce soit. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Le portefeuille présenté est fictif. Toute décision d’investissement relève de la seule responsabilité du lecteur.