La Lettre Financière

Argan : l'entrepreneur général du boom énergétique de l'IA

Qui construit les centrales électriques qui alimentent les centres de données de Meta, Google ou Microsoft? La réponse n'est pas un nom que vous connaissez déjà. Argan, une firme d'ingénierie et construction relativement discrète, s'est positionnée exactement là où l'argent coule en ce moment, à la jonction entre l'énergie et l'intelligence artificielle.

Je vous propose de creuser avec moi dans les états financiers de l'entreprise afin de bien comprendre ce qui se passe dans l'entreprise et de répondre à la question suivante :

Argan devrait-elle occuper une place dans notre portefeuille?


Avant de plonger dans les chiffres, rappelons le cadre opérationnel pour que nous soyons tous sur la même longueur d'onde.

1) Revenus et marge brute

La marge brute, c'est ce qu'il reste une fois que vous avez payé pour offrir ce que vous vendez. Pour Argan, ça veut dire : après avoir payé le coût des matériaux et de l'équipement nécessaires à chaque projet (turbines, câblage, structures métalliques), la main-d'œuvre directement affectée à l'exécution des chantiers, ainsi que les coûts de sous-traitance et de gestion de projet sur le terrain, combien reste-t-il? Et est-ce que ça s'améliore?

2) La VRAIE marge opérationnelle après impôts : EBIT(1-t)

Dans les médias financiers, on parle souvent d'EBITDA (ou BAIIA), mais cette mesure a un défaut important : elle ignore l'usure des actifs. Ces coûts sont bien réels à travers le temps. L'EBIT(1-t) en tient compte et c'est pourquoi je la préfère.

Plutôt que de rajouter artificiellement la dépréciation et l'amortissement dans les résultats comme le fait l'EBITDA, je préfère les mettre en contrebalance avec les nouveaux investissements. On voit ainsi ce que l'entreprise investit vraiment pour croître.

3) Le réinvestissement net

Ici, on va soustraire l'usure des actifs aux nouveaux investissements. On obtient ce que l'entreprise investit vraiment au-delà du simple maintien de ses capacités de production. C'est ce qu'on appelle les dépenses en capital nettes. On y ajoute par la suite les variations du fonds de roulement, l'argent qui est nécessaire pour faire tourner les opérations au quotidien.

Réinvestissement net = Dépenses en capital nettes + Variations du FDR

On va par la suite soustraire ce montant de nos bénéfices opérationnels après impôts de l'étape 2. Ça nous donnera les flux de trésorerie libre à l'entreprise (ou FCFF). Voyez les flux de trésorerie comme le cash qui reste après toutes les dépenses et tous les investissements nécessaires au maintien et à la croissance de l'entreprise. C'est l'argent dont dispose l'entreprise pour rémunérer ses actionnaires et rembourser sa dette, si elle en a.

C'est avec cette lunette qu'on va regarder Argan — prêt?

La « Lettre Financière à Dargis » est une publication à vocation informative et éducative. Son contenu ne constitue pas un conseil en investissement, une recommandation personnalisée, ni une sollicitation d’achat ou de vente de quelque valeur mobilière que ce soit. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Le portefeuille présenté est fictif. Toute décision d’investissement relève de la seule responsabilité du lecteur.